Bonjour, chers amis enseignants et formateurs, chers autres. Depuis quelques semaines maintenant, le confinement me permet de me plonger dans les lectures Edtech. Aujourd’hui, je vous fais part de ce que j’y ai trouvé à propos des MOOC, notamment ceux français, ça pourrait vous intéresser. 

Les MOOC français : un intérêt au-delà de la transmission de la connaissance

Depuis 2 ans, la France rattrape peu à peu son retard en terme de production de MOOC. Nous pouvons compter un peu plus d’un MOOC* produit chaque jour et cette tendance tend à s’accélérer, car elle voit son nombre d’inscrits augmenter (1 600 000 inscrits sur la plateforme de référence FUN, financée sur fonds publics, à but non lucratif).

Nous n’irons pas jusqu’à parler de révolution pédagogique, bien sûr, mais plutôt de modification en profondeur par les nouvelles technologies sur la transmission des connaissances.

En tout premier lieu, nous pouvons considérer que le MOOC pur est l’accès à la connaissance par tous et partout. Belle idée, mais…

Les choses sont un peu plus complexes que ce qu’il n’y paraît. 

      • Leur casquette est en réalité multiple : ils sont la vitrine des établissements supérieurs afin d’augmenter leur audience à l’étranger, un moyen de recrutement pour les entreprises… et bien d’autres ! 
      • Des études ont montré que le MOOC devenait réellement « intéressant » par les utilisateurs s’il est intégré dans un parcours diplômant ou certifiant. Avoir accès à la connaissance, c’est bien, mais obtenir une reconnaissance à la fin de son parcours, c’est mieux. 

Les groupes d’enseignement supérieur et les entreprises ont bien compris l’intérêt de cet enjeu :

Le groupe Ionis et Openclassrooms proposent des parcours de formation intégralement en ligne délivrant d’ors et déjà des diplômes d’Etat. 

Côté entreprise, près de 200 MOOC certifiants sont aujourd’hui déjà suivi par des salariés dans le cadre de leur développement professionnel, ou utilisés en complément d’une formation déjà existante. 

La recette pour un MOOC réussi

Passée la question de la carotte pour inciter le public à se former via le digital du côté des grands groupes, revenons ensemble, à notre niveau, aux conditions de réussite d’un MOOC à plus petite échelle.

Pour tenter de répondre à cette question, je vais m’appuyer sur ce que j’ai pu lire, ainsi que sur mon passé de formatrice pour adultes. 

      • Avoir un sujet “porteur” (Ehhh oui!) que l’on maîtrise à la perfection et que l’on a déjà pu tester en présentiel sur un public. Si vous voulez être suivi par la suite (tel un youtubeur de renom), il faut être sûr de ce que l’on propose dès la première tentative afin de faire revenir son public une fois prochaine. 
      • Cependant l’erreur est humaine… N’hésitez donc pas à essayer, expérimenter de nouvelles techniques pédagogiques. Les MOOC, bien qu’on en parle depuis des années, restent de l’ordre du nouveau. Il n’y a donc pas de bonnes ou de mauvaises pratiques. L’innovation est de mise et la créativité aussi. Ne vous bridez pas! Au mieux, vous testez. Au pire… Bonne nouvelle, il n’y a pas de « pire ».
      • Préparer à l’avance votre progression pédagogique. C’est peut être évident, mais le « nouveau » perturbe. Savoir exactement là où l’on va est la clé. Cela vous donnera l’occasion également d’être précis et concis dans le savoir que vous voulez faire passer; et de trier ce qu’il vous paraît important à ce qui ne l’est pas dans votre progression. Le temps recommandé pour un MOOC est de 10/15 minutes. Au delà, vous perdrez facilement vos interlocuteurs. 
      • La société se digitalise, mais le contact humain reste privilégié. Ne pensez pas qu’un MOOC seul suffise. Vous êtes avant tout un formateur/enseignant. Ce qui le différencie avec une personne lambda, ce sont ses qualités de pédagogue. Ne perdez pas cette essence. A travers la caméra, il est impossible de « sentir » si la notion est comprise.  Il faut absolument garder contact avec vos apprenants et interagir avec eux, sur ZOOM ou sur une messagerie dédiée par exemple. Vous aurez ainsi leur retour d’expérience, la possibilité de répondre à leurs questions et re-créer un « MOOC SOS » au besoin. 
      • Ne restez pas seul dans votre coin. Entourez-vous de votre équipe pédagogique, de personnes qui partagent cette même envie de concevoir des enseignements digitaux. Partagez vos difficultés, échangez sur vos pratiques et sur vos idées de contenus, trouvez des solutions mutuelles. Vous aurez également besoin d’autonomie et de liberté : c’est à votre hiérarchie de se montrer bienveillante et d’abandonner le formel cahier des charges. 
      • Dernier point… Trouvez l’équipement technique qui vous convient le mieux. Même si vous êtes à l’aise avec les nouvelles technologies, ne les sous-estimez pas. Elles peuvent être un réel frein à la conception de vidéos. (Non, je ne vous incite pas à regarder notre site web : www.kalyzee.com, et notamment notre article qui vous aide à construire un studio streaming live).

Besoin d’une illustration concrète ? Nous avons décrypté pour vous le MOOC français suivant : MOOC de l’école des Gobelins.

La France s’est mise tardivement aux MOOC, contrairement aux États-Unis qui sont les plus productifs et précurseurs en la matière. Ceci pourrait être expliqué par leur mode de financement radicalement différent, ainsi que par la difficulté des organismes français à l’intégrer de façon pertinente dans un parcours de formation. 

Même si, de prime abord, la création d’un MOOC peut vous sembler colossale, cela demande juste un peu d’anticipation et de répétition. Une chose est sûre : un MOOC improvisé est un MOOC raté !  La balle est désormais dans votre camp pour faire la différence et révolutionner, cette fois-ci, la pédagogie. 

 

*Chiffres tirés de fun-mooc.fr

Article inspiré de l’étude “MOOC Français, l’heure des choix”  de France Stratégie, ainsi que du MOOC “Monter un MOOC en 7 étapes” de Matthieu Cisel.